Un chiffre sec, qui claque presque comme une gifle : depuis 2019, le rendement moyen des fonds en euros a glissé sous la barre des 2 % brut. Les assureurs, de leur côté, n’ont pas tardé à revoir leur copie : frais de gestion en hausse, sélectivité croissante pour les nouvelles souscriptions. À la clé, un redéploiement progressif de l’épargne vers des solutions plus dynamiques, moins figées dans la promesse du capital garanti.L’effet domino ne s’arrête pas là. En allongeant la durée de vie des obligations dans leurs portefeuilles, les assureurs freinent toute remontée rapide des taux servis. L’inflation, toujours présente, mord dans le pouvoir d’achat des épargnants et force à s’interroger sur la pertinence de ces placements, autrefois pilier de la sécurité.
Pourquoi les fonds en euros voient leurs performances baisser depuis plusieurs années
Année après année, le rendement des fonds euros s’amenuise, et ce glissement ne doit rien au hasard. La mécanique des marchés obligataires et les choix stratégiques des assureurs dictent la cadence : pour protéger le capital de leurs clients, ils privilégient les obligations d’État et d’entreprise. Mais ces placements n’ont plus la générosité d’antan. Conséquence directe : la baisse du rendement moyen s’installe et s’accroche.
La Banque centrale européenne, en abaissant les taux directeurs, a imposé une nouvelle donne. À chaque remboursement d’une ancienne obligation bien rémunérée, un nouvel achat se fait à un taux obligataire nettement moins attrayant. Progressivement, la performance des contrats d’assurance vie s’en ressent sur tous les portefeuilles.
Un autre signal ne trompe pas : la concurrence entre distributeurs d’assurance vie fonds euros joue à plein. Beaucoup préfèrent orienter les nouveaux versements vers des supports moins rigides et plus économiques à administrer. La baisse des taux fonds euros devient alors une étape dans la perte de vitesse des fonds euros rendements.
Dans cet environnement, l’épargnant se retrouve à devoir arbitrer entre la garantie du capital et l’envie de meilleure rentabilité. Désormais, la gestion des souscriptions se fait au cas par cas, avec une sélection plus stricte des contrats et une évolution perpétuelle des offres de contrats d’assurance vie.
Faut-il s’inquiéter de l’impact de l’inflation et des taux sur votre épargne ?
La hausse de l’inflation bouleverse les repères des détenteurs de fonds euros. Garanti, le capital l’est sur le papier, mais l’érosion du pouvoir d’achat s’accélère. Un rendement fonds euros de 2 % ou 2,5 % ne pèse pas lourd face à une inflation à 4 %. Le montant nominal tient bon, mais la réalité économique s’effrite.
L’argument de l’effet cliquet, qui bloque chaque année les gains engrangés, ne suffit plus lorsque la hausse des prix dépasse le rendement moyen servi. Double peine : rendement net d’inflation négatif et prélèvements sociaux qui réduisent encore plus le bénéfice final.
Quels risques pour l’épargnant ?
Pour comprendre l’ampleur de ce changement, il faut s’arrêter sur quelques réalités concrètes :
- La valeur réelle de l’épargne se réduit, même si le capital affiché reste inchangé.
- Le risque d’illiquidité demeure limité, mais l’attrait historique des fonds euros s’efface peu à peu.
- Les mouvements de capitaux vers d’autres supports rendent les portefeuilles d’assurance vie plus volatils.
Depuis 2022, la hausse des taux d’intérêt a redonné un peu d’oxygène aux nouveaux portefeuilles, mais la revalorisation des fonds euros rendements avance lentement. Les assureurs, prudents, injectent ces nouveaux taux progressivement. Pendant ce temps, l’inflation fonds euros continue de peser sur la rentabilité réelle, même si le contexte obligataire évolue.
Quelles alternatives pour dynamiser son assurance-vie en 2025 ?
Les épargnants refusent de se contenter de la stagnation des fonds euros. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le rendement fonds euros reste sous pression, tandis que les marchés financiers ouvrent la porte à plus d’opportunités, au prix de risques accrus. Diversifier n’est plus une simple option, c’est une nécessité.
Vers une réallocation pilotée ou libre
Deux voies s’offrent à l’investisseur : la gestion libre, pour ceux qui souhaitent garder la main sur leurs arbitrages, ou la gestion pilotée, confiée à des professionnels qui ajustent la répartition selon les marchés. Les unités de compte prennent le relais : actions, obligations d’entreprise, immobilier, private equity. Ici, le risque de perte en capital est bien réel, sans garantie, tout dépend du temps et du contexte économique.
Selon son profil, plusieurs pistes concrètes méritent d’être considérées :
- Certains fonds euros unités proposent un compromis : une part de sécurité, un potentiel de rendement supérieur.
- Les contrats d’assurance vie de nouvelle génération offrent un accès élargi : ETF, fonds thématiques, immobilier coté, autant de possibilités pour ajuster sa stratégie.
- La fiscalité assurance vie reste attractive après huit ans, même en cas d’allers-retours entre supports.
Le choix de l’allocation dépend de plusieurs variables : horizon de placement, appétence au risque, attentes en matière de résultats. Évaluer la part d’unités de compte à intégrer selon sa situation, regarder la pertinence de chaque support, observer la solidité de l’assureur : ces réflexes sont décisifs. Transparence sur les coûts, analyse des performances passées (tout en restant lucide sur leur caractère non prédictif), voilà les garde-fous pour toute décision.
Bâtir une épargne qui tient le choc, qui traverse les tempêtes, demande du discernement. Trouver la bonne mesure entre vigilance et ambition, c’est le défi : pour que chaque euro placé garde sa valeur, aujourd’hui comme demain.


