Cotisations Agirc-Arrco : qui est concerné ?
Un salarié affilié au régime général ne peut pas choisir d’échapper aux cotisations Agirc-Arrco, même en cumulant plusieurs emplois à temps partiel. Les travailleurs indépendants, quant à eux, n’y sont pas soumis, sauf cas très spécifiques de double affiliation. Depuis 2019, la fusion de l’Agirc et de l’Arrco a entraîné l’application d’un régime unique pour les cadres et les non-cadres, modifiant la base de calcul et la répartition des contributions.
La répartition entre employeur et salarié ne suit pas toujours la même logique selon la tranche de rémunération et le statut. Certaines exonérations existent, mais leur application reste encadrée par des critères précis.
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Plan de l'article
Qui doit cotiser à l’Agirc-Arrco ? Panorama des salariés concernés
Le régime unifié Agirc-Arrco s’adresse à la grande majorité des salariés du secteur privé français. Toute personne liée par un contrat de travail de droit privé, qu’elle soit cadre ou non-cadre, est concernée par cette cotisation. Depuis 2019, il n’existe plus qu’un seul régime complémentaire pour tous, effaçant les anciennes frontières entre cadres (Agirc) et non-cadres (Arrco).
Les profils soumis à cotisation sont nombreux. Voici les principales catégories concernées :
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- Les salariés à temps plein ou à temps partiel, dès lors qu’un bulletin de paie est émis,
- Les cadres et assimilés-cadres, selon la classification Apec,
- Les apprentis et personnes en contrat d’alternance,
- Les dirigeants salariés,
- Les VRP multicartes, sous réserve qu’ils disposent du statut de salarié.
À l’inverse, certains profils échappent totalement au champ de l’Agirc-Arrco : travailleurs indépendants, agents de la fonction publique, ou personnels contractuels relevant du droit public. Tout se joue sur la nature du contrat et le lien de subordination. Quant aux salariés frontaliers ou expatriés, dès lors qu’ils cotisent au régime général français, ils entrent dans le dispositif.
Depuis la création du régime unifié Agirc-Arrco, la cotisation se fait en deux tranches, calculée sur le salaire brut : une première jusqu’au plafond annuel de la sécurité sociale, une seconde au-delà. Cette architecture vise à garantir à tous les salariés du privé une couverture complémentaire cohérente et à mutualiser les droits, quels que soient le statut ou la rémunération.
Comprendre le fonctionnement des cotisations et le calcul des points retraite
Le calcul des cotisations Agirc-Arrco obéit à une règle précise. La base de calcul, appelée aussi assiette de cotisations, correspond au salaire brut soumis aux charges sociales, plafonné selon le PASS (plafond annuel de la sécurité sociale). La rémunération se décompose en deux tranches :
- Tranche 1 : jusqu’à un PASS
- Tranche 2 : de un à huit PASS
Chaque tranche correspond à un taux de cotisation propre, défini par accord entre partenaires sociaux et réévalué régulièrement. En 2024, la Tranche 1 est soumise à un taux de 7,87 %, la Tranche 2 grimpe à 21,59 %. L’employeur en assume la majeure partie, le salarié prend en charge le reste.
Le système Agirc-Arrco fonctionne sur l’accumulation de points de retraite. Chaque euro cotisé, une fois les contributions (dont la contribution d’équilibre général CEG) déduites, permet d’acquérir des points. Le calcul est simple :
Nombre de points = montant des cotisations / prix d’achat du point.
Ici, on ne parle plus de trimestres, mais de points. Plus le salaire soumis à cotisation est élevé, plus le nombre de points obtenus chaque année augmente. Tout au long de la carrière, ces points s’accumulent. Au moment de la retraite, leur valeur de service, révisée chaque année, détermine le montant de la pension complémentaire.
Ce modèle, à la fois contributif et solidaire, garantit une traçabilité exemplaire. Chaque salarié peut suivre précisément l’évolution de ses droits et visualiser son compte de points sur le portail dédié Agirc-Arrco.
Changements récents : quelles conséquences pour votre future retraite complémentaire ?
Depuis la fusion Agirc-Arrco en 2019, le régime unifié se réinvente régulièrement. Dernier changement marquant : la suppression du coefficient de solidarité qui s’appliquait lors du départ à la retraite. Depuis le 1er décembre 2023, ce malus temporaire sur la pension complémentaire disparaît pour les nouveaux retraités. Cette avancée, issue de négociations syndicales, vise à simplifier les départs et à clarifier le calcul des droits.
La revalorisation annuelle du point Agirc-Arrco constitue un autre point de vigilance. Chaque année, le prix d’achat et la valeur de service sont réajustés, impactant la pension future. En novembre 2023, le point est passé à 1,4159 euro. Cette évolution, expliquée par la nécessité d’anticiper l’inflation et de garantir l’équilibre du dispositif, affecte directement le revenu des futurs retraités.
La contribution d’équilibre général (Ceg) reste incontournable pour l’ensemble des salariés du secteur privé. Elle vise à préserver l’équilibre financier du régime. Si les taux sont stables actuellement, la prudence est de mise : toute modification de la conjoncture ou de la CSG peut avoir une incidence sur le montant net de la retraite complémentaire.
Ces ajustements illustrent la volonté d’adapter sans relâche le système aux évolutions démographiques et économiques. Les négociations, les changements de taux ou de paramètres sont scrutés de près, car tout se joue sur la capacité à garantir durablement la valeur des pensions.
La mécanique Agirc-Arrco avance, parfois à petits pas, parfois à coups d’accélérateur. À chacun de surveiller son relevé, car la retraite se construit désormais au fil des points, dans un paysage qui évolue sans cesse.