Retraite

Rachat de trimestres pour la retraite : analyse de la rentabilité

Dépenser plusieurs milliers d’euros pour gagner quelques trimestres de retraite : voilà une stratégie à la fois redoutée et recherchée. Le rachat de trimestres n’est pas une baguette magique, mais il peut, dans certains cas, transformer le calcul d’une pension. Encore faut-il comprendre ce que l’on achète… et à quel prix.

Rachat de trimestres pour la retraite : comprendre le mécanisme et les conditions

Le rachat de trimestres pour la retraite cible celles et ceux qui voient leur parcours menacé par des trimestres manquants, empêchant l’accès au taux plein ou entraînant une décote sur la pension de retraite de base. Salariés, indépendants, fonctionnaires âgés de 20 à 67 ans et n’ayant pas encore liquidé leurs droits, ont la possibilité de valider jusqu’à 12 trimestres. Deux scénarios sont concernés : les années d’études supérieures et les années incomplètes de cotisation.

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Les périodes éligibles sont variées. Quelques cas de figure fréquents figurent parmi les suivants :

  • Stages en entreprise
  • Apprentissage
  • Aide familial agricole
  • Périodes à l’étranger
  • Mandat local

Depuis la réforme des retraites 2023, certaines règles changent. Par exemple, il n’est plus possible d’utiliser ce rachat pour un départ anticipé carrière longue, sauf pour l’apprentissage entamé après 2023. Autre évolution : lorsque le rachat devient sans objet à cause des nouvelles règles, certains assurés peuvent à présent demander le remboursement des sommes versées.

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Le point de départ reste une analyse attentive de son relevé de carrière ou de l’Estimation Indicative Globale (EIG) auprès de la caisse de retraite (CNAV, CNRACL, CNBF ou Agirc-Arrco). Un élément à garder à l’esprit : le dispositif concerne la retraite de base. La retraite complémentaire est rarement affectée. Un ou deux trimestres validés en plus peuvent pourtant faire basculer l’équilibre.

Pour s’y retrouver, voici les points structurants du dispositif :

  • Durée d’assurance : permet d’atteindre le taux plein
  • Périodes éligibles : années d’études, années incomplètes, apprentissage, etc.
  • Plafond : impossible de dépasser 12 trimestres rachetés
  • Nouvelle règle 2023 : possibilité d’un remboursement dans certains cas précis

Bien pensé, le rachat de trimestres s’impose alors comme un vrai levier pour ajuster son avenir, surtout à l’heure où les textes évoluent sans cesse.

Combien ça coûte vraiment ? Analyse des prix, options et impact fiscal

Le montant à débourser pour acheter des trimestres n’a rien d’anodin. Plusieurs critères entrent en jeu : âge au moment du rachat, revenus des trois dernières années et le type d’option retenu. Deux options sont proposées : le taux seul (qui relève uniquement le taux de liquidation) et le taux + durée (un double levier, mais facture plus élevée).

Regardons une situation concrète : pour une personne de 45 ans bénéficiant de hauts revenus, le tarif se situe habituellement entre 3 000 € et 4 000 € par trimestre en « taux seul », jusqu’à 6 000 € pour l’option « taux + durée ». Pour 12 trimestres, la facture monte rapidement. Monsieur Bastier a, par exemple, déboursé 51 012 € pour douze trimestres. Un investissement de taille.

Côté impôts, le système prévoit un coup de pouce appréciable. Les sommes versées sont déductibles du revenu imposable, avantage d’autant plus marqué si la tranche marginale d’imposition (TMI) est élevée. Dans le cas de Monsieur Bastier, la déduction a réduit son impôt de 20 477 €, rendant l’effort plus digeste.

Pour ceux qui ne souhaitent pas régler la note en une fois, il est possible d’étaler le paiement : sur un, trois ou cinq ans, selon le volume de trimestres rachetés. À noter cependant : ce rachat n’augmente pas les points de retraite complémentaire Agirc-Arrco, mais il peut éviter d’écoper d’une minoration temporaire de la pension.

Deux mains échangeant une tirelire en forme d

Rentabilité du rachat : les clés pour faire le bon choix selon votre situation

L’impact du rachat de trimestres pour la retraite se mesure par une équation simple : combien d’années de retraite faut-il pour que l’investissement se justifie ? Les spécialistes avancent généralement une fourchette : prévoyez 8 à 10 ans pour compenser la mise de départ, parfois un peu plus selon le contexte. Ce calcul dépend de l’ensemble du parcours, du montant espéré pour la pension et du nombre de trimestres à acquérir.

Pour affiner sa décision, plusieurs points doivent être analysés :

  • Âge lors du rachat : un rachat anticipé coûte souvent moins cher.
  • Taux marginal d’imposition : plus il est élevé, plus la réduction fiscale est intéressante.
  • Objectif : l’obtention du taux plein ou la limitation d’une décote permanente.
  • Situation familiale et patrimoniale : espérance de vie, besoins financiers, projets futurs.

L’expérience de Monsieur Bastier, accompagné par NEOVIA, le montre bien : le rachat de 12 trimestres a immédiatement majoré sa pension de retraite de base. Les 51 012 € engagés, ramenés après avantage fiscal à 30 535 €, seront amortis en moins de dix ans. Le choix s’est avéré payant.

Mais la décision doit reposer sur un audit retraite rigoureux, chiffré, mené par un expert. D’autres stratégies existent : cumul emploi-retraite, plan d’épargne retraite… À chacun de bâtir sa solution sur mesure, en fonction de son parcours et de ses aspirations. La retraite, en France, ne relève d’aucune mécanique unique, mais d’une série d’ajustements adaptés à chaque profil.

Acheter des trimestres, c’est parfois accélérer le départ, parfois alléger une décote. C’est aussi accepter l’inconnu : jusqu’où marchera-t-on avec ce viatique ? Chacun fait pencher la balance selon son seuil, son horizon, et la part qu’il souhaite consacrer à demain.